(Villes et Villages)

ETCHEBAR, le plus petit village du Pays Basque

Une mairie, une église avec une grande concentration de stèles très anciennes, un fronton, 2 sites protohistoriques, 20 maisons et 60 habitants… voilà ETCHEBAR, village souletin, dont la particularité est d’être le moins peuplé du Pays Basque. Au bout d’une route sans issue, ETCHEBAR étale son bourg et ses hameaux sur 8 km², à 330 m d’altitude au pied des Pyrénées. Il n’y a pas de petits commerces (le boulanger passe 3 fois par semaine), pas de petit bar où l’on peut se réunir à la fin de la messe (il a fermé au début du siècle dernier!) et plus d’école depuis 1982, transformée depuis en logement communal… mais Internet à haut débit!

Faire revivre le village

Malgré toute cette absence de ce qui représente aux yeux des citadins le lien social, il y a une vie de grande famille, où chacun se connait et où l’on aime à se retrouver tous ensemble pour certaines occasions. De Marie-Jeanne, la doyenne, qui porte haut ses 87 printemps à Maïlen, la dernière née de 6 mois, tout le monde était là, sur la place du Fronton, pour un repas champêtre. Si la moyenne d’âge reste élevée, elle commence à rajeunir: 21,6% de la population a moins de 18 ans et sont scolarisés dans les communes alentours. Certains jeunes partent du village, à l’âge des découvertes et des « allons voir ailleurs si l’herbe est plus verte »… pour mieux y revenir ensuite! S’il peut y avoir solitude, dans un petit village, il n’y a jamais isolement, chacun étant à l’écoute de l’autre et des besoins des ainés. L’absence de médecin ou de pharmacien n’est pas un problème majeur, la solidarité fonctionnant à plein régime.

Une autre particularité d’ETCHEBAR est son maire: Nathalie IRIGOYEN fut la plus jeune maire du département lors de sa première élection en 2001. Jeune femme dynamique n’ayant pour but que le développement de son village, elle a pu noter les fluctuations de la population et même une légère augmentation de celle-ci en 10 ans, grâce notamment aux différentes actions mises en place par le Conseil municipal. « Depuis 2001, j’ai célébré 4 mariages et nous avons enregistré 3 naissances en 2010 et nous espérons ne pas rester longtemps le village le moins peuplé du Pays Basque » précise fièrement Madame le Maire. Pour y remédier, la commune (9 élus au Conseil municipal) met à disposition des logements communaux pour attirer des jeunes couples et compte bien augmenter son parc locatif.

Ouverture et diversification

Commune rurale, vivant essentiellement de l’élevage et du pastoralisme, le village souletin sait s’ouvrir, se diversifier et même être pionnier dans certains domaines. En 1962, Pierre, 81 ans aujourd’hui, crée la première et la plus petite des piscicultures du Pays Basque. Profitant d’une source dans sa propriété, il fabrique de ses propres mains un à un les bassins où il pourra, secondé par Madelaine, son épouse,  élever ses truites… ou plutôt ses truitelles, particulièrement appréciées des restaurateurs des deux côtés des Pyrénées… tout autant que des prédateurs comme le héron ou le vison! La principale ressource d’ETCHEBAR reste l’élevage de vaches et de brebis dont le lait est vendu à la Fromagerie des Chaumes. Mais certains ajoutent une activité annexe, allongeant d’autant des journées déjà bien chargées. Comme Marcel, qui gère son exploitation, celle de sa mère à Camou et développe aussi la scierie que son père avait créée. Chêne, châtaigner, acacia, noyer, merisier… sont  transformés en bois de charpente, de menuiserie ou d’ébénisterie… ou encore, Jean-Michel, maison Arabarkoa, qui se définit comme un paysan-maçon, s’occupant à la fois de sa ferme et de sa petite entreprise de maçonnerie. L’ouverture passe par Anthony, ariégeois d’origine et « souletin d’adoption » depuis 6 ans. Animateur à l’association AZIA, association gérée par des jeunes pour des jeunes porteurs de projets en Soule, il est aussi maraicher Bio sur la commune et distribue ses produits au sein d’une AMAP. Ouverture et diversification, deux mots clefs pour le développement d’ETCHEBAR.

Ce soir-là, ils étaient tous réunis sur la place du fronton, par l’association HEBENTIK, venue présenter le projet de la réalisation du premier long métrage de fiction en souletin « Xora ». Au programme de la soirée, outre le repas champêtre, la projection sur le fronton de « Lucio » en présence de Lucio URTUBIA, principal héros de ce docu-fiction.

Publié le 26 juillet 2011

Ils étaient presque tous là

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