(Portraits)

« Papa » et Cuba

Il y a 50 ans mourait « Papa »… comme son père, il avait mis fin à ses jours. Ernest Hemingway, « Papa » comme le surnommaient tendrement les Cubains, a découvert Cuba en 1928. Un vrai coup de foudre pour l’île des Caraïbes et ses habitants. Journaliste, écrivain, hédoniste tourmenté et jouisseur, Hemingway fait de Cuba, au fil des ans, sa base de repli, son hâvre de paix, l’endroit où il vient se ressourcer et retrouver son énergie positive. Certes, il aimait aussi la France, l’Espagne, le Pays Basque, Pampelune et ses encierros, mais c’est à Cuba qu’il posait le plus souvent ses valises.

Contrairement à ses compatriotes qui, en cette époque de prohibition, ne voient en Cuba, que tout ce qu’il leur est interdit dans leur pays, Hemingway s’y attache profondément et sincèrement. Il dédiera même son Prix Nobel, obtenu en 1954, au peuple cubain.

Dans les pas de « Papa »

C’est dans la chambre 511 de l’hôtel Ambos Mundos, en plein coeur de la vielle Havane, qu’il séjournera régulièrement durant les premières années. C’est également dans cette chambre qu’il écrira « Pour qui sonne le glas », entre un daiquirri à la « Floridita » et un mojito à « la Bodegita del Medio ». En 1940, ses séjours étant plus fréquents et plus longs,  il achète la Finca Vigia, superbe propriété à San Francisco de Paula dans la banlieue de La Havane, aujourd’hui transformée en musée. La maison, le parc avec sa piscine, les tombes de ses chiens et son Yacht « le Pilar »… des bouteilles de whisky aux trophées de chasse en passant par sa machine à écrire et ses cannes à pêche, il plane sur la Finca Vigia l’ombre de « Papa »… comme il plane celle d’Ava Gardner ou d’Errol Flynn au bord de la piscine.

Cojimar, un petit port de pêche, près de La Havane, Ernest Hemingway partageait des moments de convivialité au restaurant « La Terraza« . Il aimait particulièrement les parties de pêche en mer, sur son yacht « le Pilar », avec son ami Grégorio Fuentes, pêcheur de Cojimar, qui lui inspira son personnage du « Vieil homme et la mer ».

Le changement de régime en 1959 n’altère pas son amour de Cuba et des Cubains… jusqu’à une nuit de 1960.

Un départ précipité

Un demi-siècle plus tard, les raisons de son départ précipité de Cuba font toujours débat. Est-il parti volontairement, pensant y revenir? L’a-t’on obligé à partir? Fidel?  la CIA?… autant de thèses pouvant s’affronter dans de cordiaux et passionnés échanges, comme par exemple entre Ada Rosa Alfonso, conservatrice du Musée Hemingway et Edorta Jimenez Ormaetxea, écrivain basque spécialiste d’Hemingway. Une chose est sûre. « Papa » a quitté l’île de nuit en 1960, laissant tout derrière lui, même le manuscrit inachevé de son dernier roman sur sa vieille Corona…

Publié le 24 juillet 2011

Arènes de Bayonne été 1959, Jean VELEZ réalise ce portrait d'Ernest Hemingway

Arènes de Bayonne été 1959, Jean VELEZ réalise ce portrait d’Ernest Hemingway

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